Les Irlandais disent "no"... à un nouveau vote
Les trois-quarts des Irlandais sont opposés à un nouveau référendum sur le traité de Lisbonne, révèle un sondage réalisé pour un cercle de réflexion eurosceptique.67% des sondés estiment par ailleurs que "les hommes politiques européens ne respectent pas le non irlandais". Les Irlandais devront-ils voter de nouveau sur le traité de Lisbonne ? La question qui titille l'Union européenne a été posée... aux Irlandais eux-mêmes, lors d'un sondage réalisé pour le cercle de réflexion eurosceptique Open Europe, basé à Londres. Le résultat est sans appel : c'est une nouvelle fois un "non" franc et massif - 71% des personnes interrogées rejettent l'hypothèse d'une nouvelle consultation populaire, après la victoire du "non" à 53% au référendum du 12 juin. Seulement 24% des sondés se disent favorables à la tenue d'un second référendum.
Plus en détail, parmi les personnes ayant exprimé une opinion, 62% disent qu'elles voteraient "non" en cas de nouvelle consultation, 34% penchant pour le "oui". Ces chiffres signifient que l'avance du "non" serait portée à 24 points dans l'éventualité où les Irlandais seraient appelés à voter à nouveau, assure Open Europe.
Ainsi, dans l'hypothèse où une nouvelle consultation populaire serait organisée, l'écart entre le "non" et le "oui" serait encore plus large. Un très net renforcement de l'opposition au traité de Lisbonne que souligne le sondage : il montre que 17% des personnes ayant voté "oui" en juin seraient désormais prêtes à dire "non", contre 6% de celles ayant voté "non" qui seraient maintenant décidées à approuver le traité. Autre fait significatif, parmi les personnes s'étant abstenues en juin, 57% disent être prêtes à voter "non", contre seulement 26% "oui".
Ce sondage a porté sur 1006 personnes interrogées entre le 21 et le 23 juillet, dès la fin de la visite à Dublin de Nicolas Sarkozy. Le président français, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, avait dû démentir lors de ce déplacement avoir dit que les Irlandais devraient "revoter" sur le traité de Lisbonne, et avait assuré qu'aucune solution ne leur serait imposée.