Article du Figaro - Mercredi 1er Juillet 2009
L'UMP fixe son calendrier régional avec ses alliés
ÉLECTIONS
François Fillon a inauguré hier la première réunion officielle du comité de liaison de la majorité.
LE COMITÉ de la majorité a désormais un président, un bureau politique et des locaux indépendants de l'Élysée. La réunion qui s'est tenue hier soir au 216, boulevard Saint-Germain, en présence de François Fillon, marque symboliquement le passage à une nouvelle étape de l'« ouverture ». « Ces cinq derniers mois, nous avons préparé les européennes, a expliqué Jean-Claude Gaudin, président en titre du comité, mais nous avons voulu donner une nouvelle dimension au débat entre toutes les familles de la majorité, débat qui englobera bien sûr les questions électorales ». La différence la plus notable entre cette réunion et celles qui l'ont précédée, c'est que Nicolas Sarkozy n'était pas là, même s'il a dressé la liste des invités. Autre changement : la liste en question a été rallongée. Il y avait, bien sûr, le noyau dur qui se retrouve presque chaque semaine autour du chef de l'État : Xavier Bertrand, Brice Hortefeux et Jean-Claude Gaudin pour le pack UMP, les présidents des partis frères, Hervé Morin pour le Nouveau centre, Jean-Marie Bockel pour la Gauche moderne et Éric Besson pour les Progressistes, sans oublier les présidents des groupes UMP et centristes de l'Assemblée et du Sénat. Invité, Jean-Louis Borloo (Parti radical) n'est pas venu. Avec Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate), présente malgré l'amertume d'avoir été « remerciée », et d'autres figures de la majorité comme Michèle Alliot-Marie, ils étaient une petite vingtaine.
Et ce bureau politique pourrait encore s'étoffer, puisque le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand annoncé que la majorité avait vocation à s'élargir « à Philippe de Villiers et aux chasseurs ». Le ralliement du président du Mouvement pour la France à la majorité présidentielle, auquel Nicolas Sarkozy œuvre de longue date, devrait s' amorcer avant l'été sous la forme d’une initiative commune avec l’UMP, en préambule à une alliance en bonne et due forme pour les régionales de mars 2010.
C'est la préparation de cette échéance qui a occupé l'essentiel de la réunion d'hier. Le parti présidentiel voudrait nommer ses têtes de liste «à la rentrée », ses dernières primaires internes devant avoir lieu en octobre. Ce qui suppose que les partis frères aient eux aussi décidé de leur stratégie à cette date. Le Nouveau centre dispose de plusieurs têtes de liste potentielles : Valérie Létard dans le Nord-Pas-de-Calais, François Sauvadet en Bourgogne, Philippe Augier en Basse-Normandie, sans oublier André Santini en Ile-de-France. La majorité a-t-elle intérêt à multiplier les listes au premier tour pour ratisser plus large ?
Xavier Bertrand a laissé la question ouverte, tout en promettant : « L'union sera pensée dès le départ. Peu importe qu'elle se réalise au premier ou au deuxième tour. » Pour Jean-Pierre Raffarin, le doute n'est pas permis : « La division de la gauche incite à continuer à deux tours la stratégie qui a réussi à un tour aux européennes ».
Les alliés de gauche de l'UMP ne sont pas en mesure de revendiquer des têtes de liste, mais demandent des places éligibles. «Nous sommes capables de présenter un bon candidat dans chaque Région, et même dans chaque département, ou quasiment», assure Jean-Marie Bockel, dopé par les deux élus de la Gauche moderne aux européennes. Éric Besson se contenterait d'une place éligible par Région pour les Progressistes. Le ministre de l'Immigration a décidé de « muscler» son parti. Il a nommé un délégué général spécialement chargé de le développer, Bruno Delmas, qui veut faire des Progressistes une « start-up » au sein de la majorité. Chacun des chefs de parti dispose d'un bureau boulevard Saint-Germain, avec sa photo à côté de celle de Nicolas Sarkozy.
JUDITH WAINTRAUB