Combien coûte l’immigration ?

Publié le par MPF puy-de-Dôme

Comme toute politique publique, celles de l’immigration et de l’intégration devraient pouvoir être évaluées, débattues et tranchées démocratiquement. En face de chaque euro d’argent public dépensé, il devrait y avoir une justification. Or, aujourd’hui, seul le ministère des Affaires sociales identifie des lignes budgétaires explicitement consacrées aux «migrants étrangers», réfugiés et demandeurs d’asile. Pour le reste, il n’existe aucune étude officielle, c’est-à-dire aucun moyen d’évaluer l’efficacité des dépenses publiques liées à l’immigration et l’intégration des étrangers, de sorte que nul ne peut savoir ce qui mérite d’être réduit, réorienté, augmenté ou supprimé. Comme l’a récemment rappelé la Cour des comptes, c’est d’un rapport d’enquête des finances publiques exhaustif dont nous avons besoin pour débattre devant les Français des moyens et des objectifs de ces politiques.
En 2004, les magistrats de la rue Cambon – à commencer par leur président, Philippe Séguin – regrettaient «les lacunes du recensement des fonds publics affectés à l’accueil et à l’intégration». La Cour constatait «que le souci de donner des chiffres n’a jamais été prioritaire. Même le Parlement n’aura pu disposer d’éléments d’évaluation crédibles». L’année suivante, des économistes sérieux, sans moyens d’État, ont évalué à 36 milliards (fourchette basse) le «coût supplémentaire» annuel de l’immigration et de l’intégration pour le contribuable dans les quinze prochaines années, soit 80 % du déficit public ou encore 13,5 % des dépenses. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ne veut-on pas comprendre que la France est en réalité indifférente à la couleur de peau, mais qu’elle ne l’est pas aux immigrés ayant des structures familiales et une culture trop éloignées de la sienne ? Dans «Le Destin des immigrés» (Points Seuil), Emmanuel Todd a démontré combien ces différences avaient de lourdes conséquences sur le niveau culturel, l’adaptabilité scolaire, professionnelle, sociale, la façon de pratiquer la religion de ces migrants. En réalité, devant l’ampleur d’un phénomène qu’elles ont largement provoqué depuis le milieu des années 70, gauche et droite sont restées depuis totalement paralysées, prises dans le piège tendu d’un côté par M. Le Pen, dont les dérapages verbaux ont perverti le débat, de l’autre par le terrorisme idéologique des «antiracistes», ses alliés objectifs. Tous ont eu intérêt à ce que rien ne change. Les problèmes gigantesques posés par l’immigration et l’assimilation en France – à commencer par ces 35 à 40 milliards d’euros de dépenses annuelles nécessaires à l’application d’une politique d’immigration zéro – sont bien le résultat de la défaillance collective de tous ces gens-là.
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Publié dans MPF 63

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