Villiers, leçon de patriotisme
En meeting à la salle des Congrès de Paris, le président du MPF a livré un long discours très axé sur la défense de la République, menacée par l'Europe et l'immigration. Sans fausse note mais sans originalité non plus. Il s'est attaché à se présenter comme "l'homme du patriotisme", celui qui apportera son "projet de salut public" pour redresser la France. Comme il est de coutume désormais dans les meetings, la salle était colorée de bleu blanc rouge. Le président du MPF était donc dans l'ambiance pour s'imaginer être "le président du rétablissement de la souveraineté nationale", s'il était élu, en promettant de "rétablir l'autorité de l'Etat".
Sous les applaudissements de plusieurs milliers de militants, le président du département de la Vendée a brocardé "le patriotisme de convenance électorale" de ses rivaux, l'opposant à son patriotisme de "conviction".
"Patriotisme économique"
Il a ensuite égrené ses principales propositions, qui visent à s'attaquer en priorité aux délocalisations, à l'immigration et "à mettre la France avant l'Europe". Des mesures qui passent principalement par une meilleure maîtrise des frontières. "Un pays qui a perdu ses frontières, ses protections, voit venir vers lui la misère du monde et voit partir ses richesses", a-t-il expliqué.
Le leader du MPF milite donc pour "un plan de lutte contre les délocalisations", possible grâce à une "réciprocité des droits de douane" et grâce à des "droits compensateurs en cas de non-respect des normes sociales comme le travail des enfants". Il a promis également une "protection monétaire" avec un "euro faible", en lançant, provocateur: "Il faudra que les banquiers centraux passent sous les fourches caudines des politiques". Continuant à jouer de sa fibre anti-européenne, Philippe de Villiers a assuré qu'il "transférerait les pouvoirs législatifs de la Commission de Bruxelles à Paris", pour donner au Parlement français le pouvoir de faire la loi, ce qui signifierait une remise en cause des traités actuels de l'UE.
Il a illustré son "patriotisme économique" par la volonté de créer un label qui distingue les produits fabriqués en France et de réserver les marchés publics "par priorité aux PME françaises"
"La famille plutôt que le mariage homosexuel"
En matière sociale, Philippe de Villiers a proposé de faire adopter une loi-cadre "pour le renouveau des valeurs civiques et morales de la société française" et de faire adopter par référendum "une grande loi sur l'immigration et contre le communautarisme", afin de lutter contre "le communautarisme islamique qui menace les lois de la République".
Sans surprise et sous les vivats de la foule, il a affiché des positions très conservatrices: "Je ferai prévaloir l'ordre de la République plutôt que les émeutes de la gare du Nord, la famille plutôt que le mariage homosexuel, l'autorité à l'école plutôt que l'ensauvagement des jeunes", a-t-il dit." Je veux reconquérir les territoires perdus de la République."
Et en défenseur des valeurs catholiques il a également prôné "la protection de la vie des sans-voix plutôt que l'eugénisme et l'avortement, la protection de la vie des malades plutôt que la seringue." Assez pour conclure sous les vivats de la foule.
Au bout d'une heure de discours, le meeting s'est clos sur ce qui est devenu l'hymne à la mode de toutes les réunions publiques, de (presque) tous les partis confondus : la Marseillaise. Petite touche personnelle de De Villiers, tout de même : un grandiloquent "O ma France, je t'aime" en conclusion de son discours.
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